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Daily Archives: 12 janvier 2015

Liberté de conscience, liberté d’expression : outils pédagogiques pour réfléchir et débattre avec les jeunes

Beaucoup de bénévoles engagés dans le dispositif Lire et faire lire, sont amenés à échanger avec les enfants, en lien avec les lectures, mais parfois également, en lien avec l’actualité, et leurs préoccupations.
Suite aux tragiques événements de la semaine passée, vous trouverez, dans l’article ci-dessous, des éléments de réflexion et des ressources afin de mieux répondre si besoin, aux besoin de chacun.
Cet article est publié sur le site Eduscol. 

Dessin Charb

Dessin Charb

L’attentat meurtrier perpétré le mercredi 7 janvier au siège de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a porté atteinte aux valeurs qui fondent notre République et notre école.
Pour répondre aux besoins qui pourraient s’exprimer au sein des écoles et des établissements, un ensemble de ressources est d’ores et déjà à disposition des équipes pédagogiques et éducatives.
Cette page en regroupe une sélection. Elles peuvent être mobilisées pour nourrir des débats argumentés et mener un travail pédagogique dans la durée.

Comment parler d’un drame de l’actualité aux élèves ?

Quelques principes

  • Moduler son attitude pédagogique selon l’âge des élèves : à l’école maternelle, du début à la fin de l’école élémentaire, au collège…
  • Accueillir l’expression de l’émotion des élèves, sans sous-estimer, y compris chez les très jeunes enfants, leur capacité à saisir la gravité des situations.
  • Rassurer les élèves : l’école est un espace protégé ; l’événement s’est déroulé dans un lieu et un temps circonscrit, même si les média en parlent et diffusent plusieurs fois les images.
  • Etre attentif au « niveau de connaissance » que les élèves ont de l’événement :
  • Certains élèves peuvent n’en avoir aucune connaissance ; d’autres ne disposer que d’éléments partiels, voire erronés, provenant de sources variées.
  • Il faut aider à clarifier les termes entendus et répétés, pour que les enfants ne restent pas enfermés dans un présent dominé par la peur.
  • Respecter la sensibilité des élèves (le sentiment de peur, d’incompréhension, d’injustice, de révolte…).;
  • Respecter l’émotion de la communauté éducative et s’appliquer à la mettre à distance ;
  • Construire une réflexion problématisée, par-delà le seul événement, qui s’inscrive dans le cadre des programmes d’enseignement (enseignement moral et civique, littérature, histoire, arts…) ; définir en équipe pédagogique les actions envisagées, en prenant appui sur tous les acteurs de la communauté éducative.
  • Informer les responsables légaux,pour les élèves les plus jeunes, des actions pédagogiques entreprises.

Quelques repères pour agir à l’école primaire

A l’école maternelle, l’enseignant va s’adresser aux élèves en utilisant des formulations générales et simples, notamment en référence aux valeurs fondamentales (le bien/le mal, le juste/l’injuste, le respect de la personne…)

A l’école élémentaire, au cycle 2, les explications données par l’enseignant seront un peu plus précises sur le déroulement de l’événement, en s’attachant à ne pas laisser perdurer des représentations erronées. Attention toutefois à ne pas montrer des éléments bruts (et brutaux) relatifs au drame.

A l’école élémentaire, au cycle 3, l’enseignant pourra revenir sur le déroulement de l’événement en le présentant de manière factuelle et en élucidant certains termes, afin d’en faciliter la compréhension par les élèves.

De manière générale : s’appuyer sur les interactions adultes-enfants mais aussi entre enfants pour aider à comprendre, partager, mettre à distance, se projeter et ne pas subir ; rendre les élèves actifs (dessiner, écouter/lire une histoire, dialoguer, débattre…) pour libérer la parole, tout en acceptant l’attitude d’un élève qui ne souhaite pas s’impliquer.

Aborder les principes fondateurs de la République à l’école primaire

A l’école maternelle, c’est dans les comportements quotidiens que se développe la connaissance de soi et des autres. L’activité ludique met à jour les conceptions des jeunes enfants, leurs représentations sociales et culturelles sur lesquelles le maître prend appui pour verbaliser les émotions et les sentiments, dans le cadre sécurisant et structurant du « faire semblant ». Dans les histoires racontées ou lues, les jeunes enfants mobilisent leurs expériences personnelles, leurs visions du monde et leurs connaissances de la littérature pour comprendre le comportement des personnages. Tous les événements de la vie scolaire sont propices à des prises de conscience des différences et des ressemblances et au respect de l’intimité de chacun, de son intégrité physique et psychique, non seulement dans les actes mais aussi dans les paroles qui sont échangées entre adultes et enfants ou entre enfants.

A l’école élémentaire, l’enseignement moral et civique, la littérature (albums, romans, BD, contes, poésie, théâtre), l’histoire, les arts visuels, la musique, sont autant de domaines d’enseignement qui permettent d’aborder les valeurs et les symboles de la République, le respect de l’intégrité de la personne humaine, l’importance de la règle et du droit, le refus des discriminations de toute nature et les enjeux de la solidarité nationale. Les œuvres de littérature pour la jeunesse, quelles soient classiques, patrimoniales ou contemporaines, sont des ressources précieuses pour aborder les principes et les valeurs de la vie en société. La définition des règles de vie de la classe, si elle ne saurait à elle seule résoudre les problèmes de relations entre enfants, permet d’aborder un certain nombre de normes et de valeurs : respect d’autrui, tolérance, acceptation de la règle… L’initiation au débat argumentatif permet d’aborder de grandes questions morales (le bien / le mal, le juste / l’injuste…) et de faire l’expérience d’une décentration de son propre jugement. L’étude des œuvres d’art offre de faire l’expérience d’une émotion esthétique tout en abordant de grandes problématiques humaines qui ont traversé l’histoire.

Construire la réflexion et organiser le débat au collège et au lycée

Pour donner son efficacité pédagogique au débat argumenté, il convient de suivre les règles qui l’organisent et, s’il n’a pas été possible de l’inscrire dans un travail préalable, de le prolonger par des travaux d’élèves produits en commun à l’aide de ressources documentaires variées. Dans tous les cas, tout débat argumenté doit donner lieu à une réflexion rétrospective menée en classe. Le débat argumenté, qui fait écho au caractère délibératif de la démocratie et au principe du contradictoire dans la justice, constitue un exercice de citoyenneté à part entière.

Thématiques susceptibles d’être abordées

Liberté d’expression

La liberté d’expression, principe fondamental à valeur constitutionnelle, est définie à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 comme le droit à la « libre communication des pensées et des opinions », dans les limites fixées par la loi. L’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 définit quant à lui la liberté d’opinion et d’expression comme « le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontières, les informations et les idées par quelque moyen que ce soit ». Apprendre aux élèves à mesurer la porté de la liberté d’expression et d’opinion passe notamment par la prise de conscience de la portée de leurs paroles et la confrontation de leur jugement à celui d’autrui. Les usages d’Internet peuvent être un champ fertile de réflexion sur ce sujet.

Liberté de la presse

La contribution essentielle de la presse au débat démocratique et les conditions de son pluralisme sont encadrées par la loi du 29 juillet 1881, texte fondateur de la liberté de la presse, les ordonnances du 2 novembre 1945 et les lois du 23 octobre 1984 et des 1er août et 27 novembre 1986. Ces textes fixent les règles et les procédures de nature à concilier liberté d’expression, respect des droits fondamentaux de la personne (droit à l’image, respect de la vie privée, de l’honneur et de la réputation, présomption d’innocence…) et protection de l’ordre public.

A consulter

Page « Je suis Charlie » sur le site du CLEMI avec notamment des ressources pédagogiques et des références bibliographiques

Pluralisme des opinions

Laïcité

La Charte de la laïcité à l’école, publiée en septembre 2013, est un texte qui explicite le sens et les enjeux du principe de laïcité, ainsi que sa solidarité avec les valeurs exprimées dans la devise de la République : la liberté, l’égalité et la fraternité. Ses quinze articles offrent une base de réflexion et d’action pour mener auprès des élèves une pédagogie de la laïcité. Toutes les initiatives mettant en oeuvre les valeurs et principes éthiques qui y sont énoncés, notamment la culture du respect et de la compréhension de l’autre, ainsi que le rejet de toutes les discriminations et de toutes les violences, sont encouragées.

Droits de l’Homme

La formation de la personne et du citoyen se fonde notamment sur la transmission des principes et valeurs inscrites dans la Constitution de notre pays, dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et dans l’ensemble des grands textes des droits de l’homme, européens et internationaux. Les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, inaliénables et indivisibles, font partie d’une culture commune et forment le socle de la vie dans une société démocratique. La connaissance, l’appropriation et le respect de ces textes et des droits qu’ils énoncent garantit la coexistence des libertés de tous, l’égalité considération des personnes et le refus des discriminations.

Dans une perspective de travail à moyen terme, les partenaires et associations agréées œuvrant dans le domaine de l’éducation aux médias et de l’éducation à la citoyenneté pourront également être sollicités.

 

 
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Posted by on 12 janvier 2015 in Formation

 

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